L’origine du projet
Pour engager le dialogue avec certains
patients, il décide en 2002 de créer pour
les adolescents au CMP (Centre médico-psychologique)
de Pantin, en Seine-Saint-Denis, un atelier
de jeux.
Par le biais de l’identification,
le jeu vidéo peut permettre à l’enfant
de faire émerger la source de ses problèmes.
« Bien souvent dans les troubles du
comportement, les enfants ne sont justement
que dans le comportement. Ils ne s’amusent
plus avec des personnages comme les playmobils
ou des poupées. Ils ne mentalisent plus
leurs fantasmes dans l’aire du jeu. D’où
l’idée du jeu vidéo », explique Michael
Stora.
Le projet
Même si son approche diffère du schéma
classique, Michael Stora utilise le jeu
dans un cadre très précis, avec des temps
de parole bien définis. Il choisit des
jeux vidéo forts émotionnellement -comme
Fable, les Sims ou bien encore Halo -qui
proposent des contes symboliques à l’image
des contes de fées.
« Le jeu va raconter
une histoire dans laquelle l’enfant peut
s’identifier. Jouer peut permettre à un
enfant confronté à des difficultés scolaires
ou familiales de retrouver l’estime de
soi. L’échec y est moins cruel que dans
la vie. Il n’empêche pas de recommencer
jusqu’à la réussite », analyse-t-il.
Et d’ajouter : « J’ai fait l’expérience
du jeu Halo avec deux jeunes désinhibés
issus des banlieues face à deux jeunes
d’un milieu bourgeois plus inhibés. A
travers le jeu réciproque des identifications,
j’ai eu de bons résultats sur les
enfants
».
Après une formation initiale
de cinéaste, Michael Stora est devenu
psychanalyste et psychologue clinicien
pour enfants et adolescents. Pour cet
homme de l’image, quoi de plus normal
que de s’intéresser à l’univers du jeu
vidéo.
Et Michael Stora d’expliquer : « la
culture des enfants, c’est la culture
de l’image, tel un séducteur j’ai utilisé
les jeux pour déverrouiller les blocages
de certains patients souffrant de troubles
psychiques ».
Fort de
son expérience, ce jeune psychologue âgé
aujourd’hui de 42 ans a écrit un livre
Guérir par le virtuel édité aux Presses
de la Renaissance pour ceux qui veulent
comprendre sa démarche thérapeutique.
Il a également tissé sa toile sur le réseau.
Il a fondé l’Observatoire des mondes numériques
en sciences humaines (OMNSH), une instance
qui planche sur les liens entre l’homme
et les nouvelles technologies.
Et demain
Michael Stora a d’autres idées originales
dans ses tiroirs. Dans le futur, ce psychologue
veut concevoir des jeux, et notamment
une clinique virtuelle dans le jeu « Second
life ». Il envisage de prolonger
cette expérience en créant une vraie clinique
à Paris qui prendrait en charge les problèmes
d’addiction et qui permettrait de soigner
par des technologies numériques des pathologies
somatiques, psychologiques et des troubles
du comportement.
Allez plus loin
Pour en savoir plus, le site de l'Observatoire
des Mondes numériques en Sciences Humaines
(OMNSH) présente des centaines de pages
d'informations et de conseils sur l'influence
et l'utilisation des médias (télés, Internet,
jeux vidéo).
http://www.omnsh.org
contact@omnsh.org